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RÉTROSPECTIVE AU CENTRE POMPIDOU : « JONÁS TRUEBA : LE GOÛT DU PRÉSENT »

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Du 27 janvier au 10 février, le Centre Pompidou célèbre la rétrospective « JONÁS TRUEBA : LE GOÛT DU PRÉSENT ». Le public pourra y découvrir les 8 longs-métrages réalisés et sortis par Jonás Trueba à ce jour, ainsi que deux nouveaux films projetés en exclusivité. À cette occasion, un livre est publié, retraçant l’expérience du cinéaste et des « Ilusos » ces dernières années. Cette célébration coïncide avec la sortie nationale de La reconquista (2016) dans toute la France.

(Non, le Centre Pompidou n’est pas fermé: se métamorphose)

JONÁS TRUEBA : LE GOÛT DU PRÉSENT s’inscrit dans la mission du Centre Pompidou de mettre en lumière le travail de cinéastes contemporains, comme ce fut le cas précédemment pour Richard Linklater, Kelly Reichardt, Apichatpong Weerasethakul, Terence Davies, Alice Rohrwacher, Joanna Hogg, Radu Jude, Jafar Panahi, Christian Petzold ou encore Isaki Lacuesta.

Un livre sur son œuvre

Eva Markovits et Judith Revault d’Allonnes sont les responsables de cette rétrospective et les auteures de l’ouvrage Jonás Trueba, Le cinéma, c’est vivre trois fois plus, publié par la prestigieuse maison Les Éditions de l’Œil. Cet ouvrage rassemble des journaux de bord et des notes inédites de Jonás Trueba sur le processus de création de ses films. Il contient également un long entretien avec Jonás et plusieurs de ses collaborateurs habituels (« los ilusos ») : Itsaso Arana, Miguel Ángel Rebollo, Laura Renau, Santiago Racaj, Marta Velasco et Javier Lafuente. Le livre inclut enfin un essai approfondi signé par Marcos Uzal, rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma, ainsi qu’une anthologie de photos et de documents de travail accumulés au fil des ans.

Deux nouveaux films

À l’occasion de cette rétrospective, Jonás Trueba a reçu la commande d’un film pour la collection « Où en êtes-vous ? », initiée par le Centre Pompidou pour inviter des cinéastes à livrer une réflexion cinématographique sur leur propre travail. Jonás y répond avec Vistillas, un film de 27 minutes réalisé à partir d’images filmées avec son téléphone portable, qui dialogue avec Miniaturas (2011), un moyen-métrage explorant déjà son environnement quotidien et qui sera également projeté.

De plus, Jonás Trueba présentera un « Film surprise » de 86 minutes qu’il vient de tourner. Projeté dans une version encore non définitive, il fera office de point d’orgue et de clôture de la rétrospective.

Premiers films restaurés

La rétrospective offre également l’opportunité de découvrir une nouvelle version de Los ilusos (2013) sera projetée, issue d’un nouveau scan du négatif original en Super 16mm. Le film se révèle aujourd’hui sous un nouveau jour sous le titre Los ilusos 13+13 (2026). Le négatif original 35mm de Todas las canciones hablan de mí (2010) a également été scanné, permettant la circulation pour la première fois d’une copie DCP avec un nouvel étalonnage de ce premier long-métrage.

Projections, dialogues, performance

Los exiliados románticos (2015), Eva en août (2019), Qui à part nous (2020), Venez voir (2022), Les filles vont bien (2023), Septembre sans attendre (2024) ou encore Histoires de la bonne vallé (2025) font partie de cette rétrospective. Le programme inclut des présentations, des colloques, des ateliers et des dialogues avec d’autres cinéastes tels que Guillaume Brac et Sophie Letourneur. Des films « en dialogue » seront également projetés, comme Un jour sans fin (Harold Ramis), Mes petites amoureuses (Jean Eustache), Le Rayon vert (Éric Rohmer) ou Out-Takes from the Life of a Happy Man (Jonas Mekas).

Itsaso Arana proposera une performance en français, La balade d’Eva, conçue à partir de ses journaux de tournage d’Eva en août, avec la participation de la chanteuse Soleá Morente et de la danseuse Eva Manzano.

« La reconquista » en France

Parallèlement à la rétrospective, La reconquista sort en salles dans toute la France, dix ans après sa sortie espagnole.

Selon les mots de Jonás Trueba : « Tout ceci est le fruit du hasard et de la chance, mais aussi du travail mené par notre distributrice française Bénédicte Thomas (Arizona Distribution), avec qui nous collaborons depuis la sortie en France d’Eva en août. Depuis, elle a distribué tous nos films et elle se lance aujourd’hui avec La reconquista, dix ans après sa sortie en Espagne où il était passé si inaperçu… C’est très émouvant de voir comment la presse française y répond aujourd’hui, et nous sommes confiants qu’il trouvera son public, comme ce fut le cas pour les films précédents, qui en réalité étaient postérieurs… La rétrospective au Centre Pompidou est aussi une conséquence de l’intérêt suscité par chaque film. Désormais, ils pourront être vus comme un tout, et je suis particulièrement touché par les nouvelles copies de Los ilusos et de Todas las canciones… Mais aussi par le fait d’arriver avec du sang neuf, avec un « film surprise » et celui qui répond à la commande du Pompidou. J’ai l’impression qu’une boucle se boucle… Mais nous continuerons en ligne droite (ou sinueuse, plutôt). »

[Plus d’information ici :

et Dossier pres]

 

Jonás Trueba, dans le tournage de "Los ilusos"

(Photo: Miguel Ángel Rebollo)